Une société sans pères peut-elle être féministe ? L'empire des Nairs de James H. Lawrence.

L'empire des Nairs, publié en 1793, imagine une société dans laquelle mariage et paternité ont été abolis. L'amour et la sexualité y sont libres pour les deux sexes. Les femmes sont payées par l'Etat pour s'occuper des enfants. Les hommes, libérés de toute responsabilité paternelle, placent leur éne...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:French Historical Studies Vol. 42; no. 3; pp. 359 - 390
Autor principal: VERJUS, ANNE
Formato: Artículo
Publicado: Duke University Press Aug2019
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Descripción
Sumario:L'empire des Nairs, publié en 1793, imagine une société dans laquelle mariage et paternité ont été abolis. L'amour et la sexualité y sont libres pour les deux sexes. Les femmes sont payées par l'Etat pour s'occuper des enfants. Les hommes, libérés de toute responsabilité paternelle, placent leur énergie au service de la science ou de la guerre. Lawrence, l'auteur de cette utopie qui connaît demultiples éditions en allemand, anglais et français, se réclame du féminisme. Mais une société qui charge exclusivement les femmes du soin des enfants peutelle être considérée comme féministe ? Promouvoir l'amour libre, à une époque où l'on ne maîtrise pas la contraception, n'est-il pas une vision androcentrée de l'égalité des sexes ? On répond à ces questions en comparant les propositions de Lawrence avec la législation franc, aise et les romans féministes anglais sur le mariage et la paternité dans l'espace transnational de la cause des femmes des années 1790.