LA GOUVERNANCE DE L'INNOVATION: QUELS ENJEUX POUR LA DYNAMIQUE TERRITORIALE? LE CAS DE PARIS ET DE L'ILE-DE-FRANCE.

L'article propose une analyse objectivée des modèles de développement local et la manière dont l'innovation est invoquée en France comme un levier nécessaire tout en apparaissant de plus en plus comme une variable non suffisante. Ainsi, la notion d'innovation, traditionnellement inscrite dans une lo...

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Published in:Innovation: The European Journal of Social Sciences Vol. 20; no. 3; pp. 263 - 287
Main Author: Alcaud et Emmanuel Brillet, David
Format: Article
Published: Taylor & Francis Ltd Sep2007
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        au: Alcaud et Emmanuel Brillet, David
      ab: L'article propose une analyse objectivée des modèles de développement local et la manière dont l'innovation est invoquée en France comme un levier nécessaire tout en apparaissant de plus en plus comme une variable non suffisante. Ainsi, la notion d'innovation, traditionnellement inscrite dans une logique étroitement économique (laquelle traduit l'intégration de la nouveauté technique dans les activités de production), paraît davantage s'inscrire dans un processus plus large où l'innovation technologique n'est plus considérée comme une fin en soi. L'invocation croissante de 'l'innovation sociale' comme élément nécessaire de la 'bonne gouvernance' des territoires, tout comme le paradigme du 'développement durable', introduisent des variables supplémentaire dans les relations entre innovation et territoire. Ces concepts s'intègrent peu à peu dans les stratégies et programmes d'action du développement territorial ainsi que dans les représentations collectives. Parallèlement, les enjeux de prospective et de veille économique et stratégique contribuent à faire évoluer continûment les 'répertoires d'action' auxquels l'innovation est associée. Or, ces processus sont essentiels pour saisir les dynamiques d'interrogation posées par ce qu'il fait sens d'appeler 'la gouvernance de l'innovation', c'est-à-dire les stratégies de moyen et long terme que les acteurs territoriaux (et leurs partenaires) élaborent. La notion d''attractivité' recouvre ainsi par exemple différentes approches pas toujours compatibles et souvent concurrentes de l'innovation territoriale, reflétant la variété des registres, des labellisations, des croyances et des 'récits' justifiant la mise en œuvre des politiques d'innovation. Dès lors, dans ce contexte pluraliste en termes d'acteurs légitimes et de registres d'intervention, la question majeure devient comment piloter, encadrer, en somme gouverner un système d'innovation sur une base territoriale. En d'autres termes, gouverner un écosystème territorial qui ne se réduit pas au seul système d'innovation mais s'inscrit dans une perspective de réflexion renouvelée sur le devenir du territoire considéré. A ce titre, la dynamique sociale de l'innovationmérite d'être mieux comprise: rien ne justifie de séparer a priori les logiques de production et d'utilisation du savoir, comme d'ailleurs le proclament la plupart des politiques d'innovation; L'usager ou l'utilisateur n'est pas dans un rapport passif à des innovations qui viennent toujours d'ailleurs, mais constitue un acteur à part entière d'un système d'innovation où toute nouveauté socialement ancrée est nécessairement 'coproduite'. Cela étant dit, il reste à organiser une véritable politique cohérente de l'innovation qui intègrerait ces différents paramètres et permettrait une véritable 'gouvernance de l'innovation'. Or cela exige de pouvoir relier savoirs et pratiques. Ce n'est pas seulement un problème de connaissance, mais aussi un enjeu de cadres cognitifs encore mal articulés, de pratiques professionnelles distinctes, et, fondamentalement, de politiques insuffisamment intégrées faute d'une compréhension partagée de cette pluralité de registres inhérente à l'innovation. La question se pose aussi en cas de manque d'acteurs capables d'assumer un rôle de chef de file dans la mise en œuvre d'une véritable gouvernance territorialisée de l'innovation. Cet article, fondé sur les résultats de plusieurs projets de recherches comparatifs européens (du FP5, FP6, et Interreg) étayera ces postulats et se focalisera sur le cas de l'Île de France pour mettre en évidence la manière dont ces nouveaux paramètres commencent à être mis en politique contraintes persistant face à la réalisation d'un projet de 'bonne gouvernance' de l'innovation territorialisée.
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