| Sumario: | Cet essai explore comment Shakespeare utilise Ia rhétorique des insultes cruelles et fortement métaphoriques des débuts de la modernité afin de réaliser une rivalité agressive entre le déclinant idéal aristocratique élisabéthain du sang et du langage épique d'une part, et le théâtre satirique en émergence d'autre part. Ce type de théâtre se justifie en associant le guerrier aristocratique à un corps suintant, efféminé, et malade. Cet essai se concentre en particulier sur les pièces Troilus and Cressida et Coriolanus, qui établissent unfort lien entre la manifestation de maladies internes sur Ia peau et Ia perte d'autonomie masculine. Dans Troilus and Cressida, Thersites, incarnant le personnage dufou, domine la pièce avec ses discours vicieux qui transforment sur leplan rhétorique le personnage héroïque de l'aristocrate masculin en une créature abjecte. Parallèlement, Coriolan, en fort contra ste avec Thersites, est un guerrier autonome, qui néanmoins soutient l'opinion de Thersites que le spectacle théâtral, ainsi que la fréquentation des gens du peuple dégradent les idéauxguerriers aristocratiques. Les deux pièces suggè rent que c'est à travers une langue caustique etscatologique de l'insulte, depair avec une destruction rhétorique des idéaux de l'aristocratieguerrière, que le théâtre britannique du début du dix-septième siècle remplace une esthétique traditionnelle del élite faite de sang heroïque par une célébration de la puissance rhétorique des croûtes et des éruptions cutanées.
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